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24h Dubai 2008 Quitter le terrain connu pour s’engager dans une
véritable aventure
Fondé en 1988 le DUWO Racing a disputé maintes courses
de 24 heures, de 12 heures, de 6 heures ou autres endurances. A la mi-janvier
2008 l’écurie luxembourgeoise va se lancer dans un nouveau
défi, elle va participer à la troisième édition
des 24 heures de Dubaï. Avant de fêter Noël, Charles Wagener,
manager de DUWO Racing et Jean-Marie Dumont, champion luxembourgeois des
circuits, ont bien voulu confier leurs impressions.
C’est pour la première fois qu’une écurie luxembourgeoise
avec un pilote luxembourgeois va disputer une course de 24 heures aux
Emirats, d’ou vient cette idée ?
CW : L'idée est née lors des 12 heures à Francorchamps
au mois de juin quand l'organisateur Creventic B.V. s'est présenté
chez nous avec l'invitation pour la course à Dubaï. Nous avons
pensé qu'il serait temps de quitter le terrain connu et de s'engager
à une véritable "aventure". Notre écurie
compte plus de 40 participations dans les courses d'endurance à
Francorchamps et au Nürburgring et les résultats réalisés
justifient notre décision, et pourquoi pas nous offrir à
nous même un beau gâteau d'anniversaire puisque en 2008 DUWO
Racing fêtera son 20e anniversaire.
Certes l’idée est belle de se lancer dans une telle aventure,
est-ce que vous avez rencontré des problèmes pour motiver
toute l’équipe de vous suivre dans vos démarches ?
JMD : Non, l'idée avait rencontré l'approbation de tous
les pilotes et mécaniciens. Pour les pilotes certes un petit rêve
de pouvoir rouler sur un des circuits les plus modernes du monde.
Dubaï est le pays de toutes les démesures!
Quand est-ce que vous avez vraiment commencé à vous consacrer
sur la réalisation de ce pari osé ?
CW : Au début du mois d'août, lorsque l'organisateur avait
publié son règlement.
Quel fut votre plus grand problème ?
CW : De devoir organiser dans un grand vide. Ne connaissant pas le terrain
ni les coutumes d'une telle organisation.
Même si Dubaï dispose d'une infrastructure énorme en
ce qui concerne les hôtels, ce n'était pas évident
de trouver un établissement convenant à notre projet et
satisfaisant à notre budget, nous sommes tout de même une
équipe de 22 personnes.
L'organisation du déplacement du team ne présentait aucun
problème, une foule de possibilités pour se déplacer
en avion du Luxembourg vers les Emirats.
Après toutes ces recherches nous étions au point de pouvoir
dresser un premier plan financier et nous nous sommes aperçus que
pour pouvoir réaliser cette "aventure" il fallait le
soutien financier de beaucoup de sponsors.
S’assurer de décrocher les budgets est une chose, mais il
faut encore monter toute la logistique pour une telle opération.
JMD : Il fallait minutieusement rassembler tous les détails en
commençant par le déplacement du matériel, Dubaï
ce n'est pas devant la porte, le matériel requis pour une telle
course ne peut pas être organisé au dernier moment. La deadline
était connue, il fallait terminer la préparation de la voiture
et du matériel avant le 29 novembre, jour de l'embarquement à
Rotterdam. Après ma dernière course au Nürburgring
(en octobre dernier) nous avons remis à neuf toutes les pièces
mécaniques de la voiture, le moteur, la suspension, la transmission,
l'échappement et autres.
A Dubaï une voiture peut être montée par cinq pilotes,
dès le début Jean-Marie Dumont, associés aux deux
Français Frédéric et Nicolas Schmit ont été
preneurs, comment avez-vous fait pour trouver les deux autres pilotes
?
CW : Tout d'abord nous avons lancé une requête sur le site
de l'organisateur. Il ne fallait attendre que deux jours pour avoir une
première réponse et dans le suivi de la semaine pas mal
de pilotes m'ont contacté pour une participation, des pilotes de
tous les pays, même du Japon. A ce moment on pouvait s'imaginer
qu'elle renommée cette course présente dans le milieu du
sport automobile.
L’Allemand Uli Baumert est un spécialiste des endurances
sur la Nordschleife et il a déjà roulé à Dubaï,
mais le cinquième pilote est complètement inconnu.
JMD : Certes Uli connaît le terrain puisqu'il a roulé lors
des éditons en 2006 et 2007. Ken MacAlpine notre cinquième
pilote est Ecossais et habite au Canada, il a disputé pas mal de
courses de renommée et suit le championnat GrandAm aux Etats Unis.
Après quelques entretiens entre Charles et Ken nous avons pu constater
que c'est lui le pilote qui conviendrait au mieux à notre projet.
Evidemment chaque pilote a ses ambitions, comment diriger une équipe
composé de cinq pilotes de quatre nations différentes?
CW : Tout d'abord il faudra voir sur le terrain comment les pilotes vont
s'accoutumer, trois d'entre eux ne connaissant pas le circuit, un ne connaissant
pas la voiture et un cinquième novice sur le circuit et la voiture.
Puis nous allons décider notre marche à suivre, certes il
est toujours difficile lors des courses d'endurance de diriger au mieux
une équipe de plusieurs pilotes et il ne sera pas moins compliqué
quand les pilotes parlent quatre langues différentes.
Le promoteur néerlandais a retenu 90 équipes et il a encore
une liste d’attente de 25 teams qu’est ce qu’une équipe
luxembourgeoise peut espérer dans ce double tour d’horloge
?
JMD : Même si nous sommes la plus petite nation entre tous les participants
il faut tout de même savoir que notre équipe a arraché
pas mal de victoires de groupe dans des compétitions similaires.
A Dubaï nous allons tout d'abord nous concentrer à terminer
la course, au fil des heures de course il faut analyser les résultats
et notre teammanager décidera de la marche à suivre. Bien
sûr on se réjouirait d'une place au podium.
Quels sont les principaux teams, voire pilotes, dans cette course ?
JMD : La concurrence est à chercher dans la meute de toutes les
Porsche (36 inscrites), la voiture la mieux dotée pour cette épreuve.
Les teams prétendeurs à la victoire sont Konrad Motorsport
(ALL), Lechner Racing (AUT), First Motorsport (BEL) et G-Force Racing
(BEL), mais il faut aussi compter le team Duller Motorsport (AUT) sous
les favoris, ce team a remporté avec Hans-Joachim Stuck (ALL) et
Dieter Quester (AUT) les deux éditions en 2006 et 2007.
Dubai est un pays en pleine expansion et le Grand-Duché veut bien
montrer son drapeau dans cette région, une course automobile est
également un terrain pour des hommes et femmes d’affaires,
est-ce que vous bénéficiez d’un soutien de l’économie
luxembourgeoise, voire d’une subsidiation ministérielle ?
CW : Non, malheureusement après plusieurs démarches auprès
du Ministre de l'Economie et des Sports notre demande est restée
sans réponse. Mais cela ne nous a pas trop déçu sachant
que le sport automobile ne trouve pas beaucoup de soutien au sein de nos
ministères.
Depuis sa mise en service en 2005 la BMW M3 E46 préparée
par DUWO Racing a déjà connu ses heures de gloire (victorieuse
en BTCS en 2006, et championne luxembourgeoise des circuits dans la saison
écoulée et en 2005), mais vous travaillez déjà
sur un nouveau projet. Pour la petite histoire la M3 est depuis le 29
novembre en mer en direction de Dubaï et elle ne sera de retour qu’à
la mi-février à Rotterdam.
JMD : Oui actuellement nous travaillons sur le projet d'une BMW série
1, une voiture que nous préparons pour la saison 2008 à
partir d'une coque d'usine. Nous espérons terminer la construction
de cette voiture pour la première course du championnat luxembourgeois,
actuellement nous sommes en collaboration avec des étudiants de
la "Fachhochschule" à Trèves pour la réalisation
d'un tableau de bord adéquat à nos requêtes.
Dans la saison 2008 vous allez donc rouler avec deux voitures, quel est
votre calendrier et qui seront les pilotes ?
JMD : Deux voitures ? Espérant tout d'abord que tout se termine
bien à Dubaï, puis il faut quand-même réviser
la voiture en entier. Si tout se passe bien à Dubaï je serai
sans doute à nouveau prétendant au titre du champion luxembourgeois
en 2008.
CW : Théoriquement notre calendrier prévoit l'engagement
de la BMW série 1 et de la M3 E46, mais un nouveau projet est en
discussion, l'engagement d'une troisième BMW confiée à
un jeune pilote que le team DUWO Racing guidera dans le championnat luxembourgeois.
Si ce projet peut se réaliser, dépend de l'accord de nos
sponsors, cette voiture sera confiée lors des épreuves d'endurance
à plusieurs jeunes talents comme Nicolas Schmit.
Romain Heckemanns / 20 décembre 2007 |